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Quel est le point de vue narratif adopté dans les extraits suivants? Coche la bonne réponse.

  1. « Il y avait en Westphalie, dans le château de M. le baron de Thunder-ten-tronckh, un jeune garçon à qui la nature avait donné les moeurs les plus douces. Sa physionomie annonçait son âme. Il avait le jugement le plus droit, avec l’esprit le plus simple ; c’est, je crois, pour cette raison qu’on le nommait Candide. Les anciens domestiques de la maison soupçonnaient qu’il était fils de la soeur de monsieur le baron […]. » (Voltaire, Candide)Le narrateur sait tout du personnage, de ses caractéristiques physiques et psychologiques. Il sait aussi ce que pensent les autres personnages du récit (le on indique une catégorie imprécise de personnes et on connaît les soupçons des anciens domestiques). Il a la possibilité de faire un retour en arrière (anciens domestiques). Certains indices d’énonciation permettent de déceler la présence du narrateur, comme l’utilisation du je (je crois).
  2. « J’avais dix-sept ans, et j’achevais mes études de philosophie à Amiens, où mes parents, qui sont d’une des meilleures maisons de P., m’avaient envoyé. Je menais une vie si sage et si réglée, que mes maîtres me proposaient pour l’exemple du collège. Non que je fisse des efforts extraordinaires pour mériter cet éloge, mais j’ai l’humeur naturellement douce et tranquille. » (Prévost, Manon Lescaut)Le récit est écrit à la 1re personne, le narrateur est donc un narrateur-personnage qui adopte un point de vue interne. L’histoire est racontée de façon subjective, nous la découvrons à travers les yeux de celui qui la raconte. Attention! Il ne s’agit pas d’une autobiographie mais d’une fiction inventée par l’abbé Prévost qui fait parler un certain chevalier Des Grieux. L’auteur et le narrateur sont donc différentes personnes (l’une réelle et l’autre fictive).
  3. « Comme l’avaient prévu Athos et Porthos, au bout d’une demi-heure d’Artagnan rentra. Cette fois encore il avait manqué son homme, qui avait disparu comme par enchantement. D’Artagnan avait couru, l’épée à la main, toutes les rues environnantes, mais il n’avait rien trouvé qui ressemblât à celui qu’il cherchait […]. » (Dumas, Les Trois Mousquetaires)Le narrateur connaît tout des faits et gestes de ses personnages. Il connaît aussi leurs pensées (prévu). Il a la possibilité de faire des retours en arrière pour expliquer ce qu’il s’est passé.
  4. « Deux hommes parurent. L’un venait de la Bastille, l’autre du Jardin des Plantes. Le plus grand, vêtu de toile, marchait le chapeau en arrière, le gilet déboutonné et sa cravate à la main. Le plus petit, dont le corps disparaissait dans une redingote marron, baissait la tête sous une casquette à visière pointue. Quand ils furent arrivés au milieu du boulevard, ils s’assirent à la même minute, sur le même banc. » (Flaubert, Bouvard et Pécuchet)Le narrateur est un témoin qui ne participe pas à l’histoire. Il décrit la scène de manière objective et ne donne aucune indication sur les pensées des personnages. Le lecteur a l’impression de tout découvrir en même temps que lui. L’action est comme filmée par une caméra.
  5. « Il montait lentement les marches, le coeur battant, l’esprit anxieux, harcelé surtout par la crainte d’être ridicule ; et, soudain, il aperçut en face de lui un monsieur en grande toilette qui le regardait. Ils se trouvaient si près l’un de l’autre que Duroy fit un mouvement en arrière, puis il demeura stupéfait : c’était lui-même, reflété par une haute glace en pied qui formait sur le palier du premier une longue perspective de galerie. Un élan de joie le fit tressaillir, tant il se jugea mieux qu’il n’aurait cru. » (Maupassant, Bel Ami)Le narrateur suit le personnage nommé Duroy, il expose ses pensées et voit les choses par ses yeux. Même si le récit est à la 3e personne, il s’agit ici d’une focalisation interne : le récit se fait à travers la perception d’un personnage dont l’on connaît les sentiments, les émotions et les pensées (ici la crainte du ridicule, la stupéfaction puis la joie).
  6. « Vers la fin de l'année 1612, par une froide matinée de décembre, un jeune homme dont le vêtement était de très mince apparence, se promenait devant la porte d’une maison située rue des Grands-Augustins, à Paris. Après avoir assez longtemps marché dans cette rue avec l’irrésolution d’un amant qui n’ose se présenter chez sa première maîtresse, quelque facile qu’elle soit, il finit par franchir le seuil de cette porte, et demanda si maître François PORBUS était en son logis. » (Balzac, Le chef-d’œuvre inconnu)Le narrateur est un témoin qui ne participe pas à l’histoire. Il décrit la scène de manière objective (bien qu’il exprime une opinion personnelle en comparant son personnage à un amant irrésolu) et ne donne aucune indication sur les pensées des personnages. Le lecteur a l’impression de tout découvrir en même temps que lui. L’action est comme filmée par une caméra.
  7. « Ce jour-là l’armée, qui venait de gagner la bataille de Ligny, était en pleine marche sur Bruxelles ; on était à la veille de la bataille de Waterloo. Sur le midi, la pluie à verse continuant toujours, Fabrice entendit le bruit du canon; ce bonheur lui fit oublier tout à fait les affreux moments de désespoir que venait de lui donner cette prison si injuste. Il marcha jusqu’à la nuit très avancée, et comme il commençait à avoir quelque bon sens, il alla prendre son logement dans une maison de paysan fort éloignée de la route. » (Stendhal, La Chartreuse de Parme)Le narrateur sait tout sur le contexte du récit, notamment les événements historiques tout juste passés (la bataille de Ligny) et à venir (la bataille de Waterloo). Il nous présente aussi les émotions les plus intimes de son personnage (bonheur, désespoir) et son évolution (il commençait à avoir quelque bon sens).

Quel point de vue narratif (point de vue omniscient, point de vue interne, point de vue externe) permet de...

  1. …décrire ce qu’il se passe d’un point de vue objectif, comme si la scène était filmée par une caméra ?
    Point de vue
  2. …connaître les pensées de tous les personnages d’un récit ?
    Point de vue
  3. …suivre l’évolution physique et psychologique d’un personnage en même temps que celui-ci la vit ?
    Point de vue
  4. …passer d’un lieu à un autre ou d’une temporalité à une autre à l’intérieur du récit ?
    Point de vue
  5. …éveiller chez le lecteur l’attente de savoir ce qu’il va se passer ?
    Point de vue
  6. …éveiller plus facilement chez le lecteur un sentiment d’identification avec le héros ?
    Point de vue