Les guillemets

Introduction

On emploie généralement les guillemets pour encadrer des propos rapportés au discours direct, mais ce n’est pas leur seul usage. Ce chapitre te fournira des informations sur les différents emplois des guillemets.

Note que les guillemets français sont les suivants : « … ».

Sommaire

  • Discours direct et citation
  • Les différents niveaux de citation
  • Titres
  • Mise en valeur

Discours direct et citation

Les propos rapportés au discours direct doivent être encadrés par des guillemets.

Exemples :
L’envie la prit de courir le rejoindre, de se jeter dans ses bras, de lui dire : « C’est moi, je suis à toi ! » (Madame Bovary, Gustave Flaubert)
« Pourquoi ne m’as-tu rien dit ? » demanda-t-elle.
Je ne me suis pas aperçu d’abord qu’il me tutoyait. C’est seulement quand il m’a déclaré : « Maintenant, tu es un vrai copain », que cela m’a frappé. Il a répété sa phrase et j’ai dit : « Oui. » (L’étranger, Albert Camus)

On utilise les guillemets pour encadrer les citations, même si elles ne font pas partie d’un discours direct.

Exemples :
Chamfort, dans ses Maximes et Pensées, écrivait : « La plus perdue de toutes les journées est celle où l’on n’a pas ri. »
« À vaincre sans péril on triomphe sans gloire. » (Le Cid, Pierre Corneille)

Citation d’une phrase complète

Lorsqu’on cite une phrase entière, celle-ci est souvent introduite par deux points (mais ce n’est pas toujours le cas, voir les exemples ci-dessus). La phrase entre guillemets commence par une majuscule et a sa ponctuation propre. Après le guillemet fermant, il n’est pas nécessaire d’ajouter un point final si la phrase encadrante est terminée.

Exemple :
La marchande criait en direction des passants : « La barquette de fraises tout juste cueillies pour 2 euros seulement ! » Marie-Pierre s’arrêta pour regarder les fruits avec envie.
(Et non : La marchande criait en direction des passants : « La barquette de fraises tout juste cueillies pour 2 euros seulement ! ». Marie-Pierre s’arrêta pour regarder les fruits avec envie.)

Par contre, la citation perd son point final (mais pas les points d’exclamation, d’interrogation ou de suspension) si la phrase encadrante continue après les guillemets.

Exemple :
« Je pense que tous les étudiants devraient se rassembler dans l’amphithéâtre pour discuter de ce problème », dit Pauline.
(Et non : « Je pense que tous les étudiants devraient se rassembler dans l’amphithéâtre pour discuter de ce problème. », dit Pauline.)

Citation d’un mot ou d’un groupe de mots

Les guillemets peuvent n’encadrer qu’un court segment de texte (un mot ou un groupe de mots). L’élément entre guillemets est le seul qui ne soit pas assumé par le locuteur. Il ne commence pas par une majuscule est n’est pas introduit par les deux points. La ponctuation finale se place après les guillemets.

Si l’on cite une proposition introduite par la conjonction que, cette dernière reste en dehors des guillemets (elle n’appartient pas à la citation). Il en va de même pour l’article, l’adjectif démonstratif, possessif ou interrogatif qui précède un mot cité entre guillemets.

Exemples :
Qu’entends-tu par « tout recommencer » ?
Marc a tout simplement « oublié » de me dire qu’il ne pouvait pas venir.
Pendant son discours, la Ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie a parlé d’un « nouveau modèle énergétique français ».
Le patron a affirmé qu’« au vu des statistiques les plus récentes », la situation allait bientôt s’arranger.

Incises

On peut insérer une incise courte dans la phrase citée. Il n’est alors pas nécessaire de fermer et de réouvrir les guillemets.

Exemple :
« Allons boire le thé dans le jardin, leur dit-elle, et profitons de ce bel après-midi ensoleillé. »
(Et non : « Allons boire le thé dans le jardin », leur dit-elle, « et profitons de ce bel après-midi ensoleillé. »)

Par contre, il faut fermer puis réouvrir les guillemets si l’incise est longue.

Exemple :
« Ouvrez vos manuels à la page 43 », dit le professeur aux élèves qui avaient bien du mal à rester concentrés par cette belle journée d’été, « et répondez aux questions portant sur le texte de Jean-Paul Sartre. »

Dialogues

Pour transcrire un dialogue, on peut ouvrir les guillemets au début de la première réplique et les fermer à la fin de la dernière réplique.

Exemple :
« Est-ce qu’on va bientôt dîner ? leur demande Meaulnes avec aplomb.
– Viens avec nous, répond le plus grand, on va t’y conduire. »
(Le grand Meaulnes, Alain-Fournier)

Mais on peut aussi transcrire un dialogue sans aucun guillemet.

Exemple :
Une heure sonna à quelque clocher lointain, il demanda au garçon :
– Quelle est cette heure ?
– Sept heures, monsieur. Nous serons à Arras à huit. Nous n’avons plus que trois lieues.
(Les Misérables, Victor Hugo)

Les différents niveaux de citation

Il arrive qu’une citation contienne elle-même une deuxième citation. La première citation est alors normalement encadrée par les guillemets français ( « » ) tandis que la citation de second rang est encadrée par les guillemets anglais ( “ ” ). Si on ajoute un troisième niveau de citation – une citation incluse dans la deuxième citation – on utilise les guillemets allemands ( ‘ ’ ).

Exemple :
Mon collègue professeur de philosophie m’a dit : « J’ai demandé aux étudiants : “Pouvez-vous répondre à la question suivante ? ‘Les arbres font-ils du bruit en tombant s’il n’y a personne pour les entendre ?’ ” »

Il faut donc retenir le schéma suivant :
- 1er niveau de citation → « »
- 2e niveau de citation → “ ”
- 3e niveau de citation → ‘ ’

N’oubliez pas de bien refermer tous les guillemets !

Titres

Dans les écrits scolaires et universitaires, si l’on cite conjointement le titre d’une œuvre ou d’un journal et le titre d’une partie de cette œuvre (un titre de poème dans un recueil, un titre de chapitre dans un roman, etc.) ou d’un article de ce journal, il faut mettre le titre de l’œuvre en italique (le souligner dans un texte manuscrit) et le titre de la partie entre guillemets.

Exemples :
As-tu lu l’article « L’œuvre d’art, une arme à neutraliser ? » dans Libération ?
Nous avons étudié le poème « Mon rêve familier » dans le recueil Poèmes saturniens, de Paul Verlaine.
Je suis en train de relire le chapitre « La cruche cassée » dans Notre-Dame de Paris.
Veuillez vous référer à la section « Mythe et récit poétique » dans l’étude de Jean-Yves Tadié intitulée Le récit poétique.

À noter

Si l’on ne cite que le titre d’une partie d’une œuvre ou d’un article de journal sans en citer la source, on met normalement ce titre en italique.

Exemples :
As-tu lu l’article L’œuvre d’art, une arme à neutraliser ?
Nous avons étudié le poème Mon rêve familier, de Paul Verlaine.
Je suis en train de relire le chapitre La cruche cassée.
Veuillez vous référer à la section Mythe et récit poétique.

Mise en valeur

Lorsqu’on veut mettre en valeur un mot ou un groupe de mots dans une phrase, on peut mettre l’élément concerné entre guillemets. Il est aussi souvent possible de l’écrire en italique, ces deux procédés étant alors en concurrence.

  • Les guillemets peuvent être le signe que le narrateur prend de la distance par rapport à ce qu’il dit. Il montre par là que le mot encadré par les guillemets ne fait pas partie de son vocabulaire. Il peut s’agir d’un régionalisme, d’un mot familier ou vulgaire, d’une tournure maladroite, d’un mot étranger, etc.
    Exemples :
    Maxime m’a demandé d’aller chercher la « petiote » à la sortie de l’école. (petiote est un régionalisme pour « petite » ; c’est aussi une tournure familière.)
    Hier, je suis allée au zoo avec mon petit cousin et il n’arrêtait pas de me demander où étaient les « crocrodiles ».
    Le mot philosophie est composé des mots grecs « philein » (aimer) et « sophia » (la sagesse).
  • Les guillemets peuvent aussi servir à marquer non pas la mise à distance, mais la mise en valeur de certains mots (termes techniques, néologismes, mots étrangers, etc.)
    Exemples :
    Nous avons passé des vacances merveilleuses en Italie, c’était vraiment la « dolce vita ».
    Il faut obligatoirement mettre une virgule entre des mots ou des propositions qui sont coordonnés sans mot de liaison. Ce procédé s’appelle la « juxtaposition ».