Les phrases complexes en français

Introduction

Une phrase contenant deux ou plusieurs verbes conjugués est appelée phrase complexe. Elle contient deux ou plusieurs propositions, à la différence de la phrase simple qui ne contient qu’un seul verbe conjugué.

Une proposition est un groupe de mots construit autour d’un verbe. Le verbe d’une proposition est presque toujours conjugué, mais il existe quelques exceptions.

Exemples :
Fiona cuisine pour ses invités.

un verbe = une proposition

Fiona a oublié d’acheter du lait quand elle a fait les courses.

deux verbes = deux propositions (Fiona a oublié d’acheter du lait / quand elle a fait les courses.)

Fiona va vite acheter du lait avant que ses invités arrivent et elle termine le dessert à temps.

trois verbes = trois propositions (Fiona va vite acheter du lait / avant que ses invités arrivent / et elle termine le dessert à temps.)

Dans ce chapitre, nous allons d’abord passer en revue les trois catégories de propositions pour s’intéresser ensuite aux différentes façons dont celles-ci peuvent être reliées entre elles.

Les trois catégories de propositions

On classe les propositions en trois catégories:

  • la proposition indépendante fonctionne de manière autonome. Elle ne dépend d’aucune autre proposition, et aucune ne dépend d’elle.

    Exemple :
    Fiona termine le dessert à temps.
  • la proposition subordonnée n’est pas autonome. Elle dépend toujours d’une autre proposition, appelée principale, qu’elle vient compléter. Il existe plusieurs types de subordonnées.

    Exemple :
    Fiona a oublié d’acheter du lait quand elle a fait les courses.

    On ne comprend pas la phrase « quand elle a fait les courses » si elle n'est pas précédée de « Fiona a oublié d’acheter du lait ».

  • la proposition principale commande une proposition subordonnée qui la complète.

    Exemple :
    Fiona a oublié d’acheter du lait quand elle a fait les courses.

    On comprendrait la phrase « Fiona a oublié d’acheter du lait » même si elle n’était pas accompagnée de la subordonnée « quand elle a fait les courses ».

Il existe plusieurs façons de relier des propositions entre elles :

La juxtaposition

Deux propositions indépendantes peuvent être juxtaposées, c’est à dire qu’elles sont reliées par une virgule (,) ou un point-virgule (;).

Exemple :
Fiona a un problème, elle a oublié d’acheter du lait.

deux verbes = deux propositions

« Fiona a un problème » et « elle a oublié d’acheter du lait » sont deux propositions indépendantes car elles n’ont pas besoin l’une de l’autre pour fonctionner grammaticalement et pour être comprises.

Ces deux propositions sont liées par une virgule, elles sont donc juxtaposées.

La coordination

Deux propositions indépendantes peuvent être coordonnées, c’est à dire qu’elles sont reliées par une conjonction de coordination (mais, ou, et, donc, or, ni, car).

Exemple :
Le gâteau de Fiona est délicieux et ses invités sont contents.

deux verbes = deux propositions

« Le gâteau de Fiona est délicieux » et « ses invités sont contents » sont deux propositions indépendantes car elles n’ont pas besoin l’une de l’autre pour fonctionner grammaticalement et pour être comprises.

Ces deux propositions sont liées par la conjonction de coordination et, elles sont donc coordonnées.

La subordination

La subordination est une construction de phrase qui établit un rapport de dépendance entre deux propositions. Une première proposition est peut fonctionner de manière indépendante, on l’appelle la proposition principale. Elle commande une deuxième proposition qui la complète : la proposition subordonnée. La subordonnée est liée à la principale au moyen d’une conjonction de subordination ou d’un pronom relatif. Sans la principale, la subordonnée n’a pas de sens.

Il existe plusieurs types de propositions subordonnées.

Les propositions subordonnées relatives

Les subordonnées relatives permettent de compléter un nom et sont introduites par un pronom relatif. Pour plus d’informations, voir le chapitre dédié à la proposition subordonnée relative.

Exemple :
Les invités ont adoré le gâteau que Fiona a fait.

deux verbes = deux propositions

La proposition « Les invités ont adoré le gâteau » fonctionne de manière indépendante, son sens ne change pas si l’on supprime « que Fiona a fait » : c’est la proposition principale.

La proposition « que Fiona a fait » ne peut fonctionner seule : c’est la proposition subordonnée. Elle complète le nom le gâteau et est introduite par le pronom relatif que. C’est donc une subordonnée relative.

Les propositions subordonnées complétives

Les subordonnées complétives permettent de compléter un verbe et ont presque toujours la fonction de complément d’objet direct dans la phrase. Elles sont donc un peu spéciales car elles ne peuvent être ni déplacées, ni supprimées.

Il en existe trois types :

La proposition subordonnée complétive conjonctive

Cette subordonnée est introduite par une conjonction de subordination, en l’occurence que ou ce que.

Exemple :
Les invités pensent que le gâteau de Fiona est délicieux.

deux verbes = deux propositions

La proposition « que le gâteau de Fiona est délicieux » complète le verbe pensent : c’est la proposition subordonnée. Elle a la fonction de COD (les invités pensent quoi ?) et est introduite par la conjonction de subordination que.

La proposition « Les invités pensent » est la proposition principale.

La proposition subordonnée complétive infinitive

Cette subordonnée n’est pas introduite par une conjonction de subordination, elle se trouve directement après le verbe qu’elle complète (le plus souvent un verbe de perception). Son verbe est toujours à l’infinitif.

Exemple :
De sa fenêtre, Fiona voit ses invités arriver.

un verbe conjugué et un verbe à l’infinitif = attention! Ici il s’agit d’une proposition principale et d’une proposition subordonnée complétive infinitive qui complète le verbe voit.

La proposition subordonnée complétive interrogative

On utilise cette proposition pour construire l’interrogation indirecte. Pour plus d’informations, voir ce chapitre plus précisément.

Exemple :
Fiona demande à ses invités si ils ont aimé le gâteau.

deux verbes = deux propositions

La proposition « si ils ont aimé le gâteau » complète le verbe demandent : c’est une proposition interrogative indirecte. Elle a la fonction de COD (Fiona demande quoi ?) et est introduite par si.

La proposition « Fiona demande à ses invités » est la proposition principale.

Les propositions subordonnées circonstancielles

Les subordonnées circonstancielles complètent une proposition principale et occupent la fonction de complément circonstanciel dans la phrase. Elles sont introduites par une conjonction de subordination ou par une locution conjonctive. Il en existe plusieurs types qui peuvent exprimer le temps, la cause, le but, etc.

Pour plus d’informations, voir le chapitre dédié aux propositions circonstancielles.

Exemples :
Fiona doit retourner au supermarché parce qu’elle a oublié d’acheter du lait.
Fiona a mis de la vanille dans son gâteau alors que sa sœur lui a conseillé de mettre de la cannelle.
Bien qu’elle ait dû repartir au supermarché, Fiona a terminé le dîner à temps.

Les propositions subordonnées participiales

Les propositions participiales ont un verbe au participe (présent ou passé) et un sujet propre, c’est-à-dire différent de la proposition principale. Pour en apprendre plus, tu peux consulter le chapitre dédié à la proposition participiale.

Exemple :
Le dîner étant servi, Fiona et ses invités se mirent à manger avec appétit.

Info

La proposition subordonnée participiale et la proposition subordonnée infinitive sont des exceptions à la règle de définition de la proposition car leurs verbes ne sont pas conjugués.

Pour être sûr qu’un infinitif ou un participe soit bien le noyau verbal d’une proposition, il faut trouver le sujet de ce verbe non conjugué: S’il est le même que celui du verbe principal, il n’y a pas de proposition. S’il est différent, c’est qu’il s’agit d’une proposition subordonnée.

Exemple :
Fiona doit aller acheter du lait.
→ Le sujet de doit est Fiona et le sujet de acheter est aussi Fiona = il n’y a pas de deuxième proposition
Fiona entend ses amis arriver.
→ Le sujet de entend est Fiona et le sujet de arriver est ses amis = il y a une proposition subordonnée infinitive